Black Hollow and Dead Circles I : Architect of lies
 

 


 
L'Homme était assis là, par terre, adossé au mur, le regard perdu dans le vide, inerte, tel un pantin abandonné dans l'arrière boutique d'un magasin de jouets. Le silence de la ruelle sale rendait la scène plus pathétique qu'elle ne l'était déjà.
Il ne devait pas être tard. Le ciel, empli de nuages gris, annonçait une nuit orageuse. Il était approximativement cinq heure de l'après midi. Un grondement sourd se fit entendre. Le sol et les bâtiments tremblèrent sous la violence du choc. Ce n'était que le tonnerre, rien de plus, pas de quoi s'effrayer. Et pour cause l'homme n'avait pas bougé. Une trainée de sang noir dégoulinait lentement sur sa lèvre et son menton pour aller s'écraser sur sa veste sale, incrustée de vielles taches d'eau croupie ou peut être d'essence. Son œil gauche, enfoncé dans son orbite par la violence des coups qu'il avait certainement reçu semblait exorbiter le second, boursouflé. Un hématome violacé prônait sur sa pommette, signe d'un coup violent et direct porté à son visage. Il ne semblait cependant pas souffrir, une expression d'une neutralité effrayante parant son visage comme s'il s'était retrouvé confronté à la la plus normal des situations.
 
Est-il mort ? La scène laisse à penser que c'est effectivement le cas. Pourtant, le soulèvement lent et répété de sa poitrine montre qu'il respire. Alors il n'est pas mort. Le vide dans ses yeux ne trompe pas, tout vie à quitter le corps qui repose là. Et si nous regardions maintenant à l'intérieur de cet homme, qu'y trouverait-on ? Rien, certainement. L'envie de fouiller cet incconu nous passerai certainement vite. Car la scène offre un spectacle étrange, presque angoissant. L'homme est visiblement mort, adossé au mur d'une ruelle où règne la plus significative des saletés et pourtant il semble vivre. So visage montre même des signes d'un certaine paisibilité. Il vit, car il respire, que les battements de son cœur irriguent son cerveau et ses organes en sang. La couleur terne au fond de sa rétine et l'absence de réactions nerveuses face aux évènement extèrieurs sont formels, tout forme d'intelligence semble l'avoir quitté. Il vit, c'est une certitude. peut être voudriez vous tater son poul ? Et bien allez-y. Vous constaterez que le sang circule dans ses veines. Vous constaterez également qu'il ne réagit pas aux contacts de vos doigts sur son poignet, qu'il n'entend pas vos paroles prononcées dans l'espoir d'éveiller chez lui un signe de vie cérébrale et que ses cils ne seront agités d'aucun mouvements lorsque vous passerez votre main devant ses yeux en l'attente d'une quelconque réaction.

Une légère brise balaya la ruelle et souleva des papiers usagés, des cartons vides, sac plastiques et autres prospectus noircis de toutes sortes. Les cheveux de l'individu frémissent dans le vent, mais son corps, toujours inerte ne réagit à rien.
 
Un gros chat gris, sauta d'un conteneur à poubelles et entama une marche alerte le long du mur de briques. Il s'arrêta, scruta la silhouette de l'homme à quelques mètres de lui. Il huma précausionneusement l'air de longues secondes. Il ne s'agissait pas d'un sac éventré à dépouillait de quelconques victuailles douteuses. Il reprit alors sa marche furtive, silencieuse. Il semblait flotter au dessus du sol, se déplaçant avec grâce et souplesse. Il disparut au coin de la rue, déguerpissant vers des lieux plus propices à une nourriture qui constituait l'objectif de ses longues journées d'hérences. L'homme n'avait toujours pas bouger.
 
Plus tard ce fut dans un léger bruissement de papier qu'on froisse qu'un rat surgit subtilement de sous une poubelle appuyée négligemment contre un conteneur dont la couleur oscillait entre le vert bouteille et le orange que la rouille avait laissé. Furetant espièglement, il eut tôt fait de sentir l'odeur de sang séché qui se dégageait de l'étrange individu qui reposait non loin. Trottant frénétiquement, il se rapprocha avec une prudence toute particulière de notre homme et s'arrêta un instant pour vérifier que la voie était libre. Ses moustaches vibrèrent, laissant deviner quel sens l'animal utilisait à l'instant même. N'ayant perçue aucune activité apparente le menaçant d'une quelconque façon il reprit sa marche saccadée avec plus de lenteur. Il atteint de l'individu grimpa dessus. Sa queue sale et humide laissa une trainée noire sur son jean à la propreté déjà douteuse. Grimpant sur son torse jusqu'à pouvoir atteindre de son museau la trace de sang qui s'étirait des lèvres des l'homme jusqu'à son menton, la sentit, décocha quelques vifs coups de sa petite langue rappeuse puis visiblement dessus redescendit, sauta sur le sol, abandonna l'étrange personnage et se faufila jusqu'à un carton voisin sous lequel il disparut.
 
L'état dans lequel repose cet homme est tel que les charognards se détournent de son corps abandonné au plus petit d'entre eux. Il y a quelque chose d'anormal chez lui. Le silence et le ciel orageux ne rendent la scène que plus étrange, la teintant même d'un zeste de malsainité. Désormais, fermez les yeux et imaginez ce que vous offre là ce paysage. Imaginez une rue sale, encombrée et déserte, des détritus échappés des poubelles éventrées, des flaques d'eau croupie à la surface presque huileuse parsèment le sol noirci par le temps. Les bâtiments de briques s'élèvent tels de passifs géants jusqu'à éffleurer de leur auteur le ciel noir et opressan. Enfin, contemplez l'homme qui attise tant notre curiosité depuis que les mots se déposent sur le papier. Qu'importe son allure, je ne prendrai pas la peine de le décrire. Voyez le simplement comme vous voudriez qu'il soit et ainsi il le sera. Et maintenant, confrontez vous au sordide de la situation. Un homme inerte, une expression neutre, frôlant l'harmonie de la paisibilité pâre son visage et il repose là, tel un saint homme qui aurait découvert que la vérité du monde réside en ce silence épuré et cette inexistence presque ostentatoire, au milieu de cette saleté. Quelque soit la puissance qu'ont les mots, il ne remplace pas une image. Désormais le voyez, ce pauvre homme, aussi bien que je le vois ? Bien, alors notre histoire dès lors commencer.
 
Et l'entité qui contemplait le monde à sa création, n'avait d'autres préoccupations en ce fugace instant que d'achever cette immensité en lui donnant vie. c'est ce qu'elle fit. D'un arbre, elle fit germer un graine qui des années durant grandit et vida ce dernier des ses forces vitales. Et c'est alors qu'elle apparut, au creux d'une branche morte, l'existence avait débuté, offrant au monde l'indispensable ingrédient qui signerai sa grandeure, en constante expension, jusqu'à entrainer son propre déclin.
 
Une silhouette apparut au bout de la ruelle, elle prit la direction de notre homme. Lorsqu'il eut franchit à la hâte les immondices qui jonchaient la distance qui l'en séparait, il frappa violemment sa jambe de son pied.
 
- Tu as encore pris la dose de trop, mon pauvre.
 
L'homme assis, replié sur lui même, ne répondit pas à l'individu qui venait de s'adresser à lui. Ce dernier lui administra de nouveau un coup, moins violent cette fois-ci, dans le flanc. Jusqu'alors assis, la tête rentrée dans son cou, notre homme inerte fut projeté sur le coté, s'écrasant sur le sol avec un bruit sourd et sa tête allant percuter le béton dans une flaque d'eau. C'est alors qu'un étrange évènement se produisit. Ce dernier se mit a cligner des yeux. Ses paupières entamèrent des mouvements de va et viens saccadé. Il respira profondément, avec force comme s'il en avait été privé depuis des siècles. il racla le sol de sa main, comme s'il venait de se réveiller après dans un sac mortuaire après une longue période de mort cérébrale. Son corps fut agité d'un violent tremblement, ses membres se rectractèrent et se détendirent en un mouvement incontrôlé ses yeux vrillèrent à l'intérieur de leur orbite et après avoir été balloté par quelque soubresauts nerveux il vomit silencieusement. Un liquide dont la consistance ne semblait pas très clair à vue d'oeil sortait de sa bouche pour se répandre en une petit flaque sur le sol humide devant son visage, au rythme aléatoire des haut le coeur.
 
- Allez, lève-toi, reprit l'individu debout à coté de lui. Tu as un combat à remporter ce soir. Tu ferais mieux de ne pas faire attendre le patron.
 
L'homme allongé ne semblait même pas l'entendre. Il continuer de vomir en silence, son corps toujours secoué de soubresauts de temps à autre et ses yeux désormais moins agités mais injectés de sang.
Le regard de l'individu qui venait de s'exprimer changea lentement, se teintant de mépris et dégout. Il fixa longuement avec cette révulsion au fond des ses yeux notre homme qui se trémoussait pitoyablement au sol, suspendu entre réveil et inconscience. Un long sifflement dédaigneux sortit de sa bouche qui finit pas se tordre dans un rictus moqueur.
 
- C'est joli ici, ironisa-t-il. Tu dois te sentir à ta place parmis les déchets et excréments qui trônent ça et là. Le language soutenu qu'utilisait l'homme parèrent ses mots d'une moquerie écoeurante, presque outrageante. Allons, tu as une tâche à accomplir et il ne sciait guère au patron que tu t'éternises ainsi dans ton royaume. Ces derniers mots avaient été prononcés avec un air presque sérieux. Allez lève toi, minable. Des gens t'attendent. Ils t'acclameront comme d'habitude je suppose, renchérit-il avec mépris. Ils veulent du grand spectacle et tu leur en donneras. Tu es Zombie après, nom grotesque pour personnage grotesque.
Et l'homme s'en retourna d'une démarche nonchalante, teintée de supériorité.
 
"Ils veulent du grand spectacle" Les mots résonnèrent comme la cloche d'une église aux oreilles de notre homme qui reprenait conscience.
"Du grand spectacle"
"Tu leur en donneras"
"Zombie"..

La réalité prenait ses droits. Il reprit conscience peu à peu. Il fut encore parcouru de nombreux spasmes provoqués par l'odeur nauséabond qui s'élevait du contenu de son estomac, étalé devant lui. Oui, il était Zombie. Vérité insolante, accusatrice comme le marteau du juge qui s'écrase sur la sentence, musique venue des profondeurs et sonnant comme le glas pour qui le perçoit, l'intensité de cette dernière faisant vaciller le plus valeureux des courages, boureau des nuits sans sommeils, tourments des rêveries au verdict sans appel. La brume devant ses yeux se dissipèrent. Il aperçu alors le mur de briques devant lui.

"Zombie

Vérité insolante, accusatrice comme le marteau du juge qui s'écrase sur la sentence, musique venue des profondeurs et sonnant comme le glas pour qui le perçoit, l'intensité de cette dernière faisant vaciller le plus valeureux des courages, boureau des nuits sans sommeils, tourments des rêveries au verdict sans appel.
 
 
 


song : Public failur number one








Black Hollow and Dead Circles II : L'union des gravités.





                                                                                                             Robb,
 

 

Il y a bien longtemps, lors de ma tendre enfance, une maison se dressait sur les flancs d'une loitaine montagne, au pied de laquelle s'étendait un vaste pleine à la forêt dense.. Je me rappel m'y être rendu alors que je n'étais qu'un enfant, accompagné des mes parents et de ma soeur cadette nous n'y allions que pour les vacances. C'était une petite bâtisse au coeur des bois, entourée de hauts conifères aux cimes si éloignées du sol qu'elles me paraissaient inexistantes, nourrissant ainsi le fantasme enfantin de grand arbres dont la hauteur n'aurait de fin. J'ai découvert cet endroit à l'âge de huit ans et jusqu'à atteindre la vingtaine d'années, je n'ai cessé de le parcourir. J'y ai gravi les plus hautes montagnes, j'y ai atteint la cime du plus haut des arbres, j'y ai bu l'eau du ruisseau le plus pur et mangé les fruits les plus sauvages que la terre ait porté. Mes années d'enfance et d'adolescence y furent bercés par un goût de l'aventure et une imagination sans limites. Tantôt je fuyais l'armée de bêtes sauvages la plus féroce en me jetant de branches en branches, tantôt je luttais avec une créature des montagnes au bord d'une des plus hautes falaises, suspendu au dessus du vide. Plus tard, je gravissais les flancs des montagnes en rêvant d'atteindre leurs sommets et d'y contempler les étoiles, me laissant bercer par leur suprêmatie lumineuse, contraste sublime, reflets mystérieux sur un ciel d'un noir d'encre. Oh, j'ai aimé cet endroit. La nature et cette masure que nous habitions, dans laquelle je parcouru dans mon sommeil les océans les plus vastes, et les pics les plus hauts, sans que jamais l'harmonie parfaite ne soit brisée. En ce lieu, j'ai bâtit pierres par pierres l'escalier métaphorique que je ne cesse de gravir dès lors. J'y ai certainement jouïe des plus beaux instants de mon existence. Comment ne peuvent-ils l'être ? C'était une autre époque, un temps bien différent. Un âge dénué de toute la violence que j'ai pu ensuite cotoyer. Car dès l'instant où j'ai cessé de m'y rendre, ma vision du monde fut altéré, dépouillée de son innocence juvénile. J'ai vu les plus hauts des buildings, parcouru les plus peuplés des cités, et fréquenté des individus d'une diversité époustouflante. Mon regard s'élargissait et ma perception des choses n'avait de cesse de croitre. Je voyais le monde avec plus de profondeur, plus de reliefs. J'ai cru détenir la vérité sur ce qui le constitue l'espace de quelques instants. Et puis, le temps des changements arriva sans même que je puisse le pressentir. L'instant de rupture se produisit à une heure avancée de la nuit, dans un pub de New York. Je m'étais rendu sur le sol américain, poussé par mon insatiable goût de l'aventure. J'avais un petit boulôt dans l'hotellerie qui me permettait de subvenir à mes besoins. Ce soir là, assis sur un haut tabouré et accoudé au comptoir du bar, je regardais les images défiler sur la télé suspendu à l'angle de la grande salle bondée à cette heure-ci. C'était un match de basket auquel je ne portais pas un grand intérêt. je venais simplement pour savourer un verre de whisky après une journée quelque peu éreintante. Mes paupières fléchissaient sous les coups de la fatigue accentuée par la chaleur et le bruit de fond provoqué par les autres clients. je me serai volontier payer un autre whisky avant de partir si ma bourse avait été plus remplie. Soupirant et regardant d'un air morne le fond de mon verre vide, je m'apprêtais à me lever pour regagner la petite chambre que je louais au dessus d'une épicerie du quartier, lorsqu'une voix s'éleva derrière moi. C'était un homme agé d'une quarentaine d'années qui s'était adressé à moi. La question qu'il me posa résonne encore aujourd'hui à mes oreilles comme le bruit de la guillotine qui s'abat pour comdamner. "Des problèmes d'argent ?" L'esprit quelque peu embrumé par les deux grands whisky que je venais d'absorber je me contentai de le regarder sans répondre. C'est alors qu'il me proposa de m'offrir un autre verre, ce que je refusa pas. Remarquant que je ne gagnais pas bien ma vie, il glissa lentement au cours de la discussion que nous venions de commencer l'idée d'un petit boulot nocturne pour étoffer mes fins de mois. Ah, ce que l'on peut être bête quand on est jeune. Il commenca à me parler d'un phénomène urbain qui s'était emparé des plus grandes villes il y avait de cela un quinzaine d'année : Le combat sous adrénaline. Importé du Royaume-Unis et tout dabord illégal, il avait prit une telle ampleure parmis la e moyenne que les sponsors et investisseurs sportifs les plus importants avait hissé ce phénomène populaire au rang de sport-spectacle le plus nationalement médiatisé. L'engouement de cette pratique s'était fortement implanté en europe et en asie, si bien qu'une sorte de championnat international avait vu le jour une dizaine d'années auparavant. Je connaissais déjà ce "sport", sans my être intéressé, sans qu'il soit un exclusivité cependant, je n'ai jamais vraiment apprécié le sport. L'homme qui en était à son quatrième de whisky offert me racontait que les combats sous adrénalines s'étaient répandus au coeur de la ville, illégals cependant. Pourquoi ? Parce que le combat sous adrénaline avait un équivalent bien plus violent et dangereux, ce qui lui valait d'être ainsi interdit. mais l'allumette avait allumé la mèche et une ligue illégale avait elle aussi vu le jour à une échelle internationale. Je ne saisissais pas tout ce qu'il me racontait, l'alcool ralentissant désormais avec nonchalance le fonctionnement de mon cerveau. Il décida alors de m'emmeer en voir un le soir même qui devait se dérouler dans un club de Chinatown. Je l'y suivi. Je n'ai pas besoin, mon cher Robb, de te raconter ce à quoi j'ai assisté cette nuit là. Je me rappel être sortit pour vomir dans une ruelle adjacente au club après le combat. Je n'avais jamais vu un telle sauvagerie dans un combat, un telle violence presque animale. L'homme qui m'avait accompagné depuis le bar vint alors me rejoindre et s'empressa de me dire qu'il s'agissait d'un activité brutale mais qui payait bien. Il entreprit alors de me convaincre de mille et une manière de venir assister à d'autres matchs, ce que je refusai tout dabord. Les jours passant, je tentai d'oublier ce souvenir troublant sans parvenir à m'en défaire. Car dans cette violence à laquelle j'avais assisté, quelque chose me fascinait. Ce sport me fascinait autant qu'il me révulsait, et voilà que je me retrouvais constament enfoui dans une réflexion continuelle sur l'état bestial dans lequel s'étaient retrouvés les deux combattants au moment du match et sur la possibilité d'atteindre un tel seuil d'inhumanité. Ils m'étaient apparus comme deux sources d'énergies à l'état pur, un combustible à la haine vivace qui les habitait. Ils s'étaientt battus avec une telle envie de causer la mort que cette dernière semblait s'être elle même invité au spectacle, observant, diagnostiquant, spéculant sur lequel elle faucherai. Une ambiance atrocement lourde avait régné dans la salle durant l'affrontement, comme si chaque personne avait saisi les enjeux de ce combat et que celui-ci agissait sur eux comme une autre drogue, l assisterai à une pièce de l'un d'entre eux. j'avsi lu l'excitation intensément perverses dans les yeux de ces spectateurs. j'avais alors prit la fuite face à tant de malsainité. Mais plus le temps passé, plus les images de ce combat se reformaient et plus elles étaient clairs. Il n'y avait pas de doutes, si ma première réaction avait été un profond dégout, elle était désormais une excitation envoûtante. Je ne cessait de me poser des questions. Etait-ce normal, d'être attiré par un telle barbarie ? Ce questionnement incessant me poursuivit jour et nuit, au travail comme dans mon lit, si bien qu'il devint un obession. Après des nuits d'insomnies, à revisionner dans ma tête les images de cet infernal affrontement je décidai de retourner au bar pour retrouver l'Homme qui était la cause de tout ça. Je ne savais pour quelle raison je voulais revoir, mais je le devais, Il s'agissait désormais d'une obligation
 
 

Sujet de série Alpha, Matricule 52, De patronyme Prantagonist.  
    Black Hollow and Dead Circles III : Maximum for the Pandemonium
      - Tu l'as vu ?
  - Oui, je l'ai vu.
  - Tu n'aurais pas dû y aller Robb.
  - Je devais le voir pour y croire.
  - Tu te fais du mal. Tu aurais pu les écouter et t'épargner ça.
  - Oui, j'aurais pu, mais je ne l'ai pas fait. J'y suis allé en sachant que je le retrouverai mort, mais sais-tu au moins pourquoi ?
  - Robb...
  - C'était pour lui dire au revoir, Sélène.
  - Et qu'y as-tu vu ?
  - Il se balançait doucement, poussé par le vent, pendu à l'arbre mort devant une ruine. Je l'ai vu là, mort, tout ce qu'il y a de plus mort. Il est partit Sélène, il est vraiment partit.
  - Robb... S'il te plaît, je ne supporte pas de te voir pleurer.
  - Ne me touche pas ! Je ne veux pas de ta pitié, tu m'entends ? Je sais que tu le haïssais, comme n'importe quelle autre personne sur cette terre ! De personne il n'était aimé. Il s'est fermé au monde parce qu'il le méprisait, parce que dans la grandeur de sa décadence il a vu la vérité. Je l'aimais Sélène et tu ne sais pas à quel point.
  - Je sais que tu l'aimais beaucoup mais...
  - Tais-toi ! Tu ne sais rien, tu ne sais rien du tout. Tu t'es contenté d'écouter ce qui se disait et tu as jugé, tu l'as jugé, comme n'importe qui l'aurait fait. Qui pouvait prétendre le connaître ? Personne n'a effleuré sa grandeur. Personne n'a voulu le regarder comme un Homme libre, ils ont juste vu la bête qui se réveillait pour satisfaire leur propre plaisir, leur propre avidité. Ils ont regardé et ils ont applaudi. ils ont applaudit et ils ont jugé, ils n'ont pas apprécié que la bête se mette à parler et même à penser. Leur haine a atteint son apogée lorsque le monstre a trouvé une raison d'exister, un nouveau combat à mener, celui d'une destinée. Alors l'espace d'un instant, l'atrocité qu'il avait été jusqu'à maintenant est devenue un astre, brillant, éclatant. Il a trouvé un chemin qui jusqu'alors lui avait été caché. Le silence s'est transformé en mots, d'abord murmurés, puis parlés pour être un beau jour hurlés. Il était grand Sélène, plus que tu ne pourras jamais l'imaginer.
  - Il était Prantagonist, le Boucher. il n'avait trouvé aucun but, Robb... C'était un tueur, un tueur né.
  - Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Il n'était pas un simple combattant. N'importe qui peut être ce genre de personne. Il a trouvé et éclairé un monde de violences et douleurs. Il a allumé une bougie au cœur des ténèbres et la lumière s'est répandue plus loin que quiconque n'en a jamais rêvé. Il était grand, il était grand car il avait cesser de vivre et même d'exister. Il n'y avait plus de frontières entre les deux. Il était plus qu'un Homme, une entité.
  - Il est mort Robb. Tes paroles ne le ramèneront pas.
  - Un part de moi est morte aujourd'hui, Sélène.
  - Ne dis pas ça ! Et moi qui suis-je ? Tu as toujours dis que tu m'aimais plus qu'il n'en était possible pour un homme.
  - Je l'aimais aussi.
  - Robb, je sais que tu souffres mais je suis là avec toi, pour toi...
  - Tu ne peux pas m'aider et tu ne le pourras jamais.
  - Attends !  Reviens ! Où vas-tu ?
  - Cette discussion est terminée Sélène, je te rejoindrai ce soir.
  - Robb, s'il te plaît... N'y va pas, ne fais plus ça, arrête ces combats. Je t'en supplies...
  - Mais... Sélène... Ces combats sont mon existences. N'as tu toujours pas compris ?
  - Tu n'es pas obligé, tu peux trouver un autre moyen d'avoir de l'argent, un autre boulot, un boulot normal.
  - Un boulot normal ? Il n'y en a pas, Sélène. Ce monde n'a rien de normal.
  - S'il te plait ne pars pas, ne me laisse pas...
  - Lâche moi...
  - Fais le pour nous, Robb ! Pour notre fils !
  - Lâche moi, Sélène.
  - S'il te plaît, je t'en supplies...
  - Tu pleures ? Tu offres à cette éternité la seule chose qu'elle veut de toi ? La seule chose qu'elle désire et qu'elle tuera pour avoir. Alors, tu lui offres véritablement ces larmes ?
  Et Robb se défit de son étreinte, tourna les talons et la quitta. La jeune femme derrière lui s'était effondrée, genoux à terre, et hurlait. Elle hurlait son nom, elle le suppliait de revenir. Et il reviendrait, dans quelques heures, moins humains qu'il ne l'était à présent, car il savait, il savait ce qu'il devenait. Lui aussi combattait. Il avait suivi la voie de Prantagonist. Il s'était laissé guidé et il se battait. il se battait et tuait pour le plaisir sadique qui sommeil au fond de l'âme humaine. Il savait ce qu'il était condamné à être. Pourtant il ne regrettait pas, il ne regrettait rien. Pourquoi regretter ? Il savait qu'en tuant il se déshumanisait. Il se savait condamné. Alors quelle importance peut avoir le regret ?
  - Robb ! Ne deviens pas ce monstre ! Reviens à la lumière ! Pense à notre fils...
  Robb sourit. Il sourit et une larme coula sur sa joue. Il aurait tant aimé la combler, il aurait tellement voulu lui apporter ce qu'elle voulait. Il ne le pourrait jamais, il s'était déjà trop enfoncé dans l'obscurité.
  - Robb... Ne redeviens pas cette bête immonde que tu es chaque soir...
  Pourtant, c'est ce qu'il était. Il était la bête, la créature, son propre démon qui ne cessait de le ronger. D'autres larmes coulaient sur ses joues. il comprit que jamais il ne serait libre, à jamais enchainé, à la fois geôlier et prisonnier. Trop longtemps il s'était enfoncé dans la noirceur de son esprit, trop souvent il avait flirté avec l'ombre et la lumière, un dans trop macabre pour être arrêtée. D'autres larmes coulèrent encore, silencieuses et froides comme la mort. Ses lèvres s'écartèrent, des mots roques s'échappèrent de sa bouche :
   - Pardonne moi, mon amour... Pardonne moi de ne pas être celui que tu crois.
  Il sortit deux tubes en verres ronds de sa poche, chacun remplit d'une substance liquide dont la couleur bleuté se répandait sur les murs de la rue qu'il parcourait. Il en débouchonna un et ingurgita la totalité de son contenu. Il jeta avec désinvolture le récipient qui alla se briser en des milliers de fragments sur le sol goudronneux.
Son regard perdu au loin, il continuait à pleurer, silencieusement, comme si ces larmes étaient ces dernières, comme s'il sût qu'il ne pourrait désormais plus souffrir de cette manière. Comme si le temps d'une nouvelle ère était arrivé, que le soleil promettait de ne plus jamais éclairer le monde et la lune de le bercer. Ces moments appartenaient-ils déjà à un autre âge, une autre époque ? Les mots étaient-ils vains ? Le silence était-il la seule chose qui restait de ces temps reculés ? Les battements de son cœur accélérèrent soudainement, des gouttes de sueurs se formèrent sur son front et dans sa nuque. Une irrésistible envie de vomir le saisit. Le monde se mit à tourner. Il chancela, trébucha, se rattrapa. Des bruits, des chuchotements, des ombres. Il s'effondra au sol et saisit sa gorge, il ne pouvait plus respirer. Il se sentit chavirer. Le Noir oppressant l'enlaçait. C'est alors qu'il la perçut, cette étrange chose qui se promène le long de votre dos lorsque vous vous sentez observée. Ce ne fut plus une sensation. il sentit un souffle sur le haut de son dos, une respiration saccadée à l'odeur fétide. Il ferma les yeux. les larmes se mirent alors à couler de nouveau. Elle était là, juste derrière lui, la bête, l'épouvantable créature qui se réveillait, surgissant des profondeurs de son cœur. La haine et la violence à l'état brute. Elle avançait à pas feutrés, silencieuse, mortelle. Il ouvrit la bouche pour hurler, le son s'étouffa, les ombres s'inflitrèrent dans sa trachée et son œsophage. Il sombra de l'éternelle obscurité.

Il continuait à marcher. Son allure avait cependant changé. Il courrait presque désormais. Il faisait chaud, très chaud, trop chaud. Peu importe. Un son. Un écho. Le gong qu'on frappe et qui retenti. Tuer, frapper, et tuer, encore et encore. Il ne voulait que ça. Il faisait chaud, beaucoup trop chaud. ses muscles se contractèrent. Il arracha sa veste et la jeta au sol. Il accéléra sa course. Toute trace de sentiments ou d'émotions semblait l'avoir quitté. Sélène sanglotait au loin. Il s'en fichait. Il n'avait plus que faire d'elle. Il ne ressentait rien, pas même les fines gouttelettes de pluie qui commençaient à s'écraser sur sa peau. Il était la bête, la monstruosité qui sommeillait et qu'il avait décidé réveiller. Un sourire énigmatique apparut sur ses lèvres pâles. La mort et le chaos, ravivés du plus profond de son être. Remords et rêves oubliés. Un monde détruit, une envie perdue, égarée à jamais, comme les confins du cosmos dont l'accès virevolte aux portes de l'irréel. Ainsi il était. Ainsi il vivait. Amalgame de haine et de sentiments étouffés, limites pulvérisées par le silence des mots et la puissance des sentiments. Il l'avait réveillait, car il vivait pour exister et c'est pour cette raison qu'il la convoquait, pour cette raison qu'en lui elle sommeillait, pour cette raison qu'à travers lui elle vivait. C'est dans une rivière rougeâtre qu'il se baignait, c'est à l'enfer qu'il se donnait et au chant des succubes qu'il succombait. Elle s'était réveillée pour le servir, éternelle sentinelle de l'insatisfaction du lendemain. L'harmonie par le chaos. A son emprise il avait cédé. pour le meilleur ou pour le pire qu'importe. Il y avait toujours ce prix à payer.

              Black Hollow and Dead Circles IV : The Mother Machine
          "Mesdames, Mesdemoiselles et messieurs ! Bienvenue dans le Circa Stadium en ce soir soir froid de Novembre ! C'est aujourd'hui que s'affronteront deux combattants d'une renommée sans pareil sur notre cher podium national ! L'arène dans lequel aura lieu ce match décisif jouit d'un lourd passé historique ! C'est ici même que Mic ou aussi surnommé "tendon craqué" à fait ses premiers pas en tant qu'amateur. Nous savons tous que, bien plus tard, il à remporté deux de ses plus grands titres sur cette même scène. D'autres noms à la réputation sans égale ayant foulé ce sol ne peuvent être oublié en ce jour béni ! Pardonnez mon égarement soudain ! Bien entendu, c'est ici que s'est joué la finale du tournoi inter-nation il y a de cela dix ans, remportée par l'intemporelle vedette dont le nom provoque encore des haut le cœur parmi les supporters de l'époque : Prantagonist The Butcher ! C'est donc dans cet amphithéâtre de la violence et de la haine que nous sommes réunis aujourd'hui pour assister à la final du championnat national. Le Vainqueur pourra prétendre rejoindre le palmarès des combattants qui exercent sur la scène mondiale ! Un combat capital donc, un duel au sommet ! Merci aux spectateurs d'avoir rejoint l'arène en si grand nombre et aux auditeurs d'être toujours si nombreux à suivre l'affrontement sur notre fréquence radio ! Inutile de préciser que l'ambiance dans les gradins est incroyable. Les spectateurs sont complètements déchainés. Des combats clandestins et anarchiques se sont même improvisés dans la tribune Nord. La sécurité du site est littéralement débordée ! Bien ! Sans plus attendre, et tout en profitant du spectacle que nous offrent ces ravissantes danseuses qui se déhanchent sur la scène provisoire, remercions nos sponsors qui nous permettent de retransmettre sur les ondes un tel évènement ! Je cite..."
  La porte s'ouvrit brusquement, si brusquement qu'elle fit trembler la cloison contre laquelle elle alla s'écraser. Un homme corpulent se tenait dans l'encadrement, le regard mauvais. Il pénétra lentement dans la pièce. Ses chaussure à talonnette claquaient sur le parquet clair. Il était extrêmement bien habillé. Arborant un costume violet, certainement hors de prix, la chemise orange qu'il portait sous sa veste laissait entrevoir un goût du luxe raffiné ; Goût confirmé par les boutons de manchette pourpres qui ornaient ses avant bras. Il s'arrêta au centre de la pièce et ses yeux se braquèrent sur l'individu devant lui.
Avachi sur le canapé en cuir blanc, Robb fumait un cigarette avec désinvolture.
L'homme corpulent sourit alors avec dédain.
  - Les gars m'ont dit que tu agonisais dans une rue crasseuse de la ville ce matin.
  - Ils ont un peut exagéré. C'était juste la redescente.
  Robb lui renvoya un sourire sarcastique, lourd de sens.
  - Ferme ton claque merde et écoute moi bien : Je t'ai dit de ne pas prendre de Demonium en dehors des combats. Tu ressembles déjà assez à une épave pour que je sois en plus obligé d'envoyer les laquais te ramasser à la petite cuillère.
  - Tu n'as pas de soucis à te faire pour moi mon cher, tu sais très bien que...
  - je t'ai dit de la fermer ! J'ai misé gros sur ta réussite, sans moi tu n'aurais jamais percé dans le milieu. Tu crois peut être que je m'inquiète pour toi ? Tu pourrais crever la bouche ouverte que je n'en sourcillerai même pas. Ramène moi du fric et des victoires. Je n'hésiterai pas à te faire couiner de douleur si tu m'y obliges.
  Le cris lointains de la foule se firent alors entendre, tels une vague immense qui s'écrase sur une digue branlante. Une hystérie moite semblait s'être insinuée dans la masse, serpentant au milieu des spectateurs..
  - Fais attention à ce que tu dis. Je ne suis pas un vulgaire chien..
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- Tu es ce que je veux que tu sois ! Et ce soir tu seras un vainqueur, tu m'entends ? Montre un seule fois les crocs et je te jure que je te renvoies dans ton bouge avec un organe en moins. Il sera alors bien difficile pour toi de sauter ta prostituée. Tu pourras peut être te concentrer ainsi sur l'éducation de ton bâtard qu'elle aura pondue, si mes gars ne s'en occupent pas dès son arrivé en ce bas monde.
  La vitesse avec laquelle Robb s'était levé était impressionnante, maitrisée. Il s'était figé à quelques centimètres de l'homme corpulent, arborant un regard empli de haine. Il souleva alors la lèvre supérieure, exposant ses canines à son interlocuteur.
  - Maintenant que j'ai montré les crocs essaye pour voir ce que tu vaux, Patron.
  Il avait sifflé ces paroles tel un serpent sur le point de mordre. L'homme corpulent se mit à rire bruyamment. Il fi apparaître un flacon en verre remplit d'un liquide rouge sang entre son visage et celui de Robb.
  - Allez, prends ça et prépare toi. le combat est sur le point de commencer, tu ne vas pas faire attendre tes fans n'est-ce pas ?
  Le regard de Robb se fixa sur les tubes. Un regard incrédule se dessina sur son visage.
  - C'est du rouge. Je ne prends pas de Demonium rouge.
  - Oh si tu en prendras. L'effet est deux fois plus puissant que le bleu et je veux que tu gagnes. De toute façon tu n'as pas le choix. Si tu perds tu ne touches pas un seul centime. Comment vas-tu entretenir une femme et un gamin sans argent ?
  - Un jour tu paieras, boss. Et ce jour là, je veillerai personnellement à ce que le prix soit élevé, très élevé.
  L'homme corpulent éclata d'un rire provocateur en se retournant vers la sortie. Lorsqu'il l'eut franchi, il se retourna et d'un air malsain cracha les mots :
  - Tu auras été retrouvé égorgé dans un caniveau bien avant que l'heure pour moi de payer soit venue. Tu voleras et tueras pour te procurer ta dose et un jour tu en crèveras. Tu n'es pas le premier.
  Robb ne répondit rien, il se contenta de fixer "le boss" dans les yeux avec dédain et provocation. Le silence, il fallait garder le silence, à tout prix.
L'homme corpulent reprit :
   - Ou alors tu finiras comme Prantagonist, le déchu. Tu auras atteint le sommet et tu finiras pendu à un arbre comme une bête qu'on exhibe.
  Le boss disparu en claquant la porte. Son rire horripilent résonnait encore dans l'oreille de Robb. Il regarda le flacon rougeâtres qu'il tenait dans le creux de sa main. Alors, voila à quoi il se trouvait réduit. Son existence n'avait-elle été qu'ironie depuis son commencement ? A vrai dire, ce n'est pas la chose à laquelle il était en train de penser, car il avait peur, incroyablement peur. Il se dirigea lentement vers la salle de bain de sa loge. Les cris de la foule résonnait encore. Ne pouvaient-ils se taire, ces gens malsains qui acclamaient l'apogée de l'horreur et de la perversion de l'âme humaine ? Ne pouvaient-ils cesser d'encourager la destruction de sa propre existence. Ces gens qui prétendaient l'aimer pour le spectacle qu'il offrait ne pensaient en fait qu'à l'espoir de sa décadence, le devenir macabre d'un champion illusoire. Car après tout, qu'y a-t-il de plus beau que le mal à l'état pur ? Ce n'est pas le mal absolu que les gens craignent. Non, celui-ci les fascine. C'est le moindre mal, pour reprendre l'expression d'un auteur que j'apprécie particulièrement, qui les effraie. Pourquoi ? Car il mêle beauté et horreur, bonté et dévotion, bienveillance et malsainité, car il est insaisissable et caché, fourbe. Le moindre mal est terrible, il apparait comme dérisoire mais s'aglutine dans un coin et pourri, pourri de l'intérieur. il est Chants profonds et Cris macabres. Il est la limite, la frontière que l'homme ne voit pas, n'arrive pas à saisir. Et c'est exactement cela qui le terrorise. Car le mal absolu est entier et visible, synonyme d'une évolution funeste. Qui sait où se tapit le moindre mal et depuis combien de temps ? Qui sait de quel manière il tuera ? Qui dit que le vol et les caprices sordides ne sont pas pires que le meurtre ou le viole ? C'est là, et précisément là que la foule crieras : "Ils ne sont rien ! Ils ne sont que le moindre mal". Oui, on peut regretter d'avoir tuer, commit un acte si odieux à tel point qu'il ne soit plus possible de vivre avec ça sur la conscience. Si l'Homme succombe à ses pulsions les plus fortes, il résiste et ses renforce face aux autres, celles qu'il assouvit en se disant que ce n'est rien, que ce n'est que le moindre mal.
L'eau de la douche était glacé. Robb ne frissonna même pas lorsqu'elle lui dégoulina sur la nuque puis le long du dos. Et les cris, les battements, les percussions profondes de la foule en délire ne semblaient pas vouloir s'arrêter.
  "... Encore merci à tout ces sponsors qui nous financent dans notre passion de vous faire partager une telle violence ! On m'annonce désormais dans l'oreillette que l'affrontement va bientôt commencer. L'instant tant attendu est arrivé mes amis ! Je rappel bien entendu à nos auditeurs que les paris téléphoniques et en ligne sont toujours ouverts !  Il vous reste jusqu'à 22h30 pour pronostiquer et nous contacter ! Mais... Je manque à tout mes devoirs ! Comment ai-je pu omettre de parler de nos deux grands combattants ? Car, oui ! ce soir nous accueillons deux terribles challengers qui s'affronteront avec toute la violence qui leur est possible !"
  Robb avançait dans le couloir obscur. Les cris des spectateurs étaient désormais assourdissant. Une énorme horloge digitale suspendue au dessus de l'immense porte à l'extrémité du couloir affichait le décompte des minutes annoncant son entrée dans la fosse de combat. Il marchait, calmement, lentement. Sa main trembla, il ne put se retenir. Une goutte de sueur perla sur sont front. Il était en fait terrorisé, comme à chaque fois, une palpitation profonde résonnait dans sa cage thoracique. L'obscurité était oppressante. La lumière que laissait filtrer l'imposante porte sonnait silencieusement comme le glas qui résonne un soir d'hiver. Il se rapprochait. Ses muscles se crispèrent, le contenu de sont estomac se retourna, il avala avec difficulté pour s'empêcher de vomir.   " Du coté droit de la fosse, par l'entrée Nord, arrivera Mandy le Vicieux, connu pour sa cruauté et sa perversion en combat ! Oh mais regardez ! la porte s'ouvre et... Le voici qu'il pénètre dans l'arène !  La foule l'acclame avec ferveur ! Ce combattant venu de l'Est du pays a vaincu ses adversaires les uns après les autres avec un calme placide. Regardez donc ces yeux ! Il est terrifiant !"
  Robb retira les flacons de sa poche. S'arrêtant un instant Il voulut faire marche arrière. Il repensait à elle. Sélène lui manquait, il voulait partir, il regrettait de l'avoir laisser. Il aurait voulu lui épargner tant de douleur. Il aurait voulu qu'elle ne connaisse jamais la souffrance silencieuse de ce monde hostile et malsain. Il regarda de nouveau la lumière. Pourtant, il avait choisi de ne pas lui épargner ces atrocités. Il débouchonna un flacon et le vida d'un trait et le jeta. Le liquide était froid, terriblement froid. il lui brûla l'œsophage. Il ouvrit le deuxième récipient, le retint quelques instants au bord de ses lèvres. Il était encore temps. Il pouvait encore penser à Sélène, il pouvait encore choisir de l'épargner. Il ne le fit pas.
  " Et de l'autre coté, par l'entrée Sud, notre champion régional et prétendant au titre de combattant du pays, celui qui se bat pour le sang et la gloire, celui qui laisse plus de morts que de blessés à son tableau de chasse..."
  Il avala la deuxième dose. La foule, toute prêt, avait redoublé d'ardeur dans ses acclamations. Il sourit. Il savait pourquoi un telle excitation avait saisit les spectateurs. Son nom, le nom du finaliste allait être annoncé. Le compte à rebours amorçait les dernières secondes. Il faisait froid, il était gelé. Robb se mit à trembler. Dans le noir, il ne put s'accrocher à aucuns repères et tomba à genoux. Il régurgita la totalité du contenu de son estomac. Pourtant, au cœur des vomissures, le liquide rouge avait disparu. Son corps l'avait déjà absorbé. Il perdait ses sens les uns après les autres. Les cris se turent petit à petit. Noir, il faisait noir, trop noir. Il se mit à hurler, hurler de douleur. Son abdomen brûlait, se calcinait. ses pupilles se rétractèrent au fond de sa cornée. Ce n'était plus les cris de la foule qu'il entendait, mais ceux de milliers d'âmes fantomatiques qui se consumaient au creux de son subconscient. Il plaqua les mains sur ses tympans. Il crut perdre la raison. Tout se mit à tourner, brusquement. La chaos, des tremblements, une odeur de sang. Il arracha sa chemisesans même savoir pourquoi. Son cerveau cessa de fonctionner. Il sombrait. Les abysses étaient là, toutes proches.
  Le calme, se fut le calme. Le silence totale.
  "Celui qui se bat avec une violence à peine imaginable ! Celui que l'on dit ni mort ni vivant, notre icône...."
  Il la sentait. Là, au-dessus de lui. Elle souriait. Il ne pensa même plus à lutter. Il savait qui sortirai vainqueur de cette lutte. Il ferma les yeux et la laissa l'enlacer. Un frisson, un dernier hurlement, atroce, comme celui de la veuve à laquelle on annonce la mort de son conjoint. Il disparut.
  "Je vous le demande ! applaudissez chaleureusement celui qui décrochera certainement la victoire dans le chaos et le sang..."
  Il ouvrit les yeux, releva la tête. Il n'y avait pas un bruit, pas un murmure. Le compte à rebours s'était arrêté sur zéro. Le temps avait cessé sa course folle. Robb se mit debout. La porte était à quelques pas.
  "Mesdames, Mesdemoiselles et monsieur..."
  Il appuya ses deux mains sur les battants. Il sourit. Ils devaient être froid, mais il ne le sentait pas. Il ne sentait rien, si ce n'est un irrésistible envie de violence battre au creux de son crâne. Il voulait de la mort et du sang. Pourquoi ? Il n'en savait rien, il s'en fichait, il ne pensait pas, ne réfléchissait pas. Il n'existait qu'à travers cet assemblage d'envies et de pulsions incontrôlables. Il était la bête. Robb avait disparu, à nouveau. Il était le monstre, ressurgissant à chaque dose ingurgitée, un peu plus barbare et sanglant à chaque fois. Il continua de sourire. Les portes s'ouvrirent, les hurlements de la foule ressurgirent comme si la bulle dans laquelle il aurait été s'était percé, la lumière trop vive brûla sa rétine. Peu importe. Il savait pourquoi il était là, il connaissait la raison de son existence et elle ne se résumait qu'à une envie, un mot, une idée éternelle et purgatrice.
 

"Voici le mort-vivant ! voici Zombie !"

              Black Hollow and Dead Circles V : Told Story and Sentries of Gravity. (Part one : Goodbye, sweet memories !)
       

 

Sur un banc sale, qui de tous semblait oublié, discutaient deux hommes pour le moins particuliers. L'un portait un haut de forme sur le sommet du crâne et arborait un costume du dix-huitième siècle parfaitement ajusté. L'autre était vêtu d'une combinaison grise tout à fait futuriste, bariolée de rouge. Ils étaient atypiques, tous deux assis sur le même banc. Sans se regarder, de longues tirades ils échangeaient, incompréhensibles pour la plupart, portées pour le lyrisme qu'il convenait. C'est donc pourquoi je vous les épargnerai.
Au bout d'un néanmoins long moment de silence, l'un d'entre eux prit la parole d'une manière plus raisonnée :
  - Ainsi, Prantagonist s'en est allé.
  - Cela ne fait aucun doute. Il n'a pas su lutter.
  - Dans votre colère personnelle vous vous égarez. Que lui est-il arrivé ?
  - De sa dépendance il s'était délivré. Dans la grandeur et le silence il, semble-t-il, résidait. Sa mort était prématurée et provoquée.
  - Qui donc l'a assassiné ?
  - Hunter l'Invengé. Prantagonist avait brisé tout ses rêves de gloire lors d'un combat au sommet.
  - D'une vengeance ainsi il s'agissait ?
  - En aucun cas. C'est Prantagonist qui lui aurait demandé de finir un travail inachevé.
  - Dîtes moi que vous divaguez. Une étape semble m'avoir échappé.
  - Une lettre Prantagonist lui aurait adressé pour que celui vienne le trucider.
  - Ne pouvait-il donc lui même cette tâche exécuter ?
  Des bruits de pas se firent entendre, entrecoupés de rires d'enfants. Les pas se transformèrent en course rapide, puis le silence revint.
  - Non, je ne pouvais m'y résoudre.
  Les deux individus sur le banc sursautèrent et se retournèrent pour voir l'individu qui venait de parler. Devant se tenait un homme de taille moyenne, au teint très pâle faisant ressortir des yeux d'un bleu presque irréel. Ses cheveux étaient mi-longs, ébouriffés. Un sourire lourd de sagesse et d'ironie parait son visage.
L'un des deux hommes s'adressa à lui le premier :
  - Pourquoi avoir fait appel à ce Hunter pour vous y aider ?
  L'autre homme s'empressa de rajouter avant que Prantagonist ait pu parler :
  - C'est un mystère qu'il nous est impossible d'élucider !
  Prantagonist leur répondit avec un sourire ironique :
  - C'est une longue histoire, emplie de réflexions et de secrets chuchotés aux étoiles lorsque le soleil est couché.
  - Ainsi, pourriez vous nous la raconter ? Le temps est ici la seule chose dont nous sommes libérés.
  L'autre homme qui était resté silencieux appuya la requête de son camarade par un large sourire laissant entrevoir une curiosité inégalée.
Prantagonist se gratta le front d'un air perplexe et au bout de quelques secondes leur répondit :
  - Je ne peux refuser car nous, qui sommes désormais morts, disposons de l'éternité pour en discuter.
  - Je vous remercie de votre amabilité a nous conter cette épopée !
  Prantagonist sourit comme un adulte sourirai devant l'innocence d'un enfant.
  - Me laisseriez vous une petite place sur le banc ?
  Les deux hommes répondirent en cœur :
  - C'est avec la même amabilité que cette requête vous est accordée.
  Prantagonist contourna alors le banc et vient s'assoir entre les deux étranges hommes qui s'étaient écarté pour l'accueillir parmi eux. Une fois assis il croisa les jambes et laissa sa vue se perdre droit devant lui, tout comme les deux individus à ses cotés, et se mit à parler sans les regarder. Une longue tirade il entamait, incompréhensible dans ce qu'elle signifiait, portée pour le lyrisme qu'il convenait. C'est donc pourquoi je vous l'épargnerai.

        song : Goodnight, fair lady by C&C

 

 


                  Black Hollow and Dead Circles VI : Lord Podium and The Faithful
            Une douleur fulgurante s'insinua entre les côtes de son flanc droit. Il voulut tousser. Les vibrations de son corps qui en résultèrent furent si douloureuses qu'il s'en retint avec la plus grande difficulté. Il ouvrit les yeux, l'un deux était injecté de sang. Il souffrait, tout son corps semblait brisé en des centaines de fragments. La douleur était telle qu'elle battait dans son crâne, empêchant tout retour à la raison possible, le monde était flou. Il avala avec difficulté. Ses paupières clignèrent comme si elles avaient perdues l'habitude d'être ouvertes. Où était-il ? Pourquoi dans cet état ? Trop mal,la douleur frôlait l'insoutenable, le sang percutait ses tempes endolories. Il se sentit irrésistiblement attiré par un noir intense, profond, il glissait irrémédiablement sur un pente de plus en plus abrupte. L'obscurité le saisit à nouveau. Il avait pourtant l'impression qu'elle ne l'avait jamais lâchée.   Ce fut bien bien plus tard que Robb revint à la raison. Cette fois-ci il n'eut pas autant de difficultés à reprendre contact avec la réalité. Lorsqu'il ouvrit les yeux, les douleurs dans la partie supérieure de son corps étaient toujours présentes mais les percussions dans son crâne avaient cessées. Il faisait sombre, il faisait froid, il en tremblait presque. Il tenta de bouger délicatement et observa avec toute l'attention qui lui était possible l'endroit où il était. C'était une petite pièce sombre aux murs sales et décrépies. Une table noir et une armoire grise semblaient être le seul mobilier dont disposait l'endroit. Il essaya ensuite de déterminer sur quoi il était allongé. Un sofa, c'était un sofa, il en était sur. Il s'accrocha à cette certitude comme s'accroche un naufragé à la lumière d'un navire dans la nuit. Il devait se redresser pour mieux distinguer la pièce. Allongé sur le coté, il tenta de bouger le bras sur lequel il ne reposait pas et de s'en servir pour prendre appuie. Il put se relever jusqu'à ce qu'il soit presque assis, a cet instant la douleur cuisante dans ses côtes explosa et se répandit dans tout son corps comme le ferai un venin. Retenant un cri avec difficulté il se laissa tomber sur le dossier du canapé. Se concentrer sur l'endroit, l'observation des détails, pour confirmer l'hypothèse qui avait germé dans son esprit. Il aurait pu se concentrer sur son état, diagnostiquer les parties de son corps endommagées comme il l'avait si souvent fait. Peu lui importait cependant son état personnel. Il ne connaissait pas cet endroit et une impression froide comme la mort longeait sa colonne vertébral pour atteindre la nuque en un point culminant : Il devait partir, le plus vite possible.
  De longues minutes s'écoulèrent sans que Robb ne bouge, se laissant bercer par le silence de l'endroit, attendant d'avoir recouvrer assez de forces pour pouvoir se lever. Ce fut avec de bien grandes difficultés qu'il se mit enfin sur ses deux jambes. D'un fenêtre sale émanait un lumière tamisée, étouffée par d'épais rideaux de velours pourpre. Un frisson parcouru son échine, il faisait vraiment froid. Il remarqua un sac noir sur la table et s'en approcha. En l'entrouvrant de son bras valide il aperçut des liasses de billets jetées négligemment, exhibant explicitement la somme qu'elles représentaient. Il attrapa les deux anses, souleva le sac et quitta la pièce. Dans le couloir aux murs blancs qu'il venait de rejoindre il faisait encore plus froid. Il se dirigea lentement vers la porte noir à son extrémité.

Si Robb semblait avoir reprit conscience, son esprit flottait néanmoins dans un brouillard opaque, brouillard qui eut tôt fait de se dissiper lorsqu'il eut franchit la porte. Il se trouvait dans une sale remplie d'une fumée blanche qui engageait peu à respirer à pleins poumons. Le brouillard en résultant empêchait de distinguer les dimensions exacts de la pièce ni même ce qui la composait. Robb distingua cependant des drapures rougeâtres et dorées et rideaux recouvrant les murs. Cette pièce avait quelque chose de particulier, une atmosphères malsaine s'entremêlant à l'odeur nauséabonde de la fumée qui emplissait le lieu. D'autre effluves lui parvinrent. La douleur de son corps l'empêchait de se concentrer sur son odorat mais la nature des émanations, lorsqu'il la distingua, provoqua chez lui un haut le cœur : des émanations de transpiration corporelle, la senteur de l'activité sexuelle, les relents moites d'haleines fétides et de semence masculine. Des gémissements atteignirent son oreille éveillant désormais son ouïe le propulsant dans une ambiance angoissante et feutrée. Le râles de femmes simulant l'orgasme, suscitant le plaisir, les grognements pervers d'hommes disposant de ces objets sexuels à leur guise, ce fut bientôt un monde sonore dans lequel baignait Robb. Le cri strident d'une femme et le bruit de coups accompagné d'insultes obscènes laissèrent à penser qu'un homme assouvissait un fantasme obscène sur une pauvre trainée. Robb était assiégé de sensations, de sons et d'impressions tous plus oppressant les uns que les autres. Une image se dessinait dans sa tête. Il avait une idée de l'endroit où il pouvait se trouver. Décidant d'avancer, tant pour satisfaire sa curiosité que pour trouver un sortie, il mit un pied devant l'autre silencieusement. Petit à petit des lits en baldaquin se dessinèrent à travers la fumée opaque, des formes mouvantes reposaient sur des draps couleurs azurs, des gémissements de plaisirs et des grognements de satisfaction se faisaient plus audibles et plus rythmés au fur et à mesure qu'il progressait. il s'approcha d'une couche, presque intrigué. Une femme était là, à quatre pattes sur les draps, arborant un soutien-gorge de cuir, tenant une chaine dans sa bouche, cette dernière étant tenue fermement par un homme âgé d'une quarantaine d'année positionné derrière qui assénait de violents coups dans le vagin de la pauvre fille avec la parti de son corps prévue à cet effet. Les yeux fermés, la bouche entrouvert, l'homme semblait trouver un plaisir sadique, jouissif à cette violence silencieuse. La femme gémit de douleur. En l'entendant se plaindre, ce dernier lui décocha une violente gifle, lui plaqua la tête contre la matelas et redoubla d'ardeur. Ce ne fut pas la façon abject dont cet individu baisait cette prostituée qui attira l'attention de Robb mais bien l'expression qui se dessinait sur le visage de cette dernière. Se mordant la lèvre suite au plaisir que lui procurait l'utilisation violente dont l'homme faisait de son sexe, elle semblait également en souffrir. Elle pleurait. Il ne put s'empêcher d'en être fasciné. pleurait-elle de plaisir ou de dégout ? Car voyez-vous, cette prostituée n'avait certainement jamais apprécié la basse besogne qu'elle était résignée à accomplir. Pourtant, l'acte sexuel avec des individus dénués d'un quelconque respect pour elle lui procurait du plaisir. Alors peut-elle tirer du plaisir physique d'une telle situation, malgré l'insondable souffrance qu'elle ressent, inévitable contrepartie ? Elle n'est rien, qu'une prostituée se faisant baiser sans vergogne par le premier homme obéissant à ses pulsions primales, sauvages. elle n'est qu'objet pour le monde, un objet de plaisir et ne jouit d'aucun respect personnel. Ainsi, peut-on ne pas en souffrir ? Regardez là donc se se courber, accentuer les courbes de son corps pour parvenir au plus grand plaisir et en gémir, en redemander encore et encore, subir coups, injures et saletés perverses, dégradantes. L'être humain abandonnerait-il toute once d'humanité juste par désir d'obtention de plus et toujours plus de jouissance ? Y aurait-il comme une limite dans la morale et l'image que l'on a de soi-même, de sa propre personne? Suffirait-il de la franchir pour ne plus être celui que l'on a toujours cru être ? Bien sur beaucoup ont jasé. Idées et théories, Il ont dit que l'Homme était un animal, une bête faite de pulsions. Pourtant, animal il n'est pas, car il a le choix. Serait-il un être qui, comme le Dr. jekyll, peut trouver le moyen de franchir cette limite ? Peut-il inverse le processus et devenir celui contre lequel il a toujours lutté ? Alors Robb, qui contemplait cette scène des plus obscènes, qui regardait cette femme se troquer contre un plaisir fugace, éphémère, avait l'impression de se voir lui-même, car lui aussi se vendait contre une jouissance extrême. Il se rendit compte à cet instant, que lorsqu'il subissait les effets de sa drogue, l'état dans lequel il se trouvait n'était pas bien différent de celui d'une prostituée, dans un tout autre domaine. Il devenait la violence à l'état pur, un monstre sans conscience, une bête, l'animal des profondeurs de son être.
L'homme qui profitait avidement du plaisir sexuel que lui octroyait la catin le remarqua soudain.

- Hé ! Qu'est-ce que tu attends toi ? j'ai payé pour baiser cette chienne en toute tranquillité ! cracha-t-il, haletant.

Robb, surprit par cette soudaine interpellation recula instinctivement, oubliant l'espace de quelques secondes son état physique. Trébuchant dans un drap à ses pieds, il se rattrapa à la colonne du lit en serrant les dents de douleurs. Son bras droit le faisait atrocement souffrir. Propulsé hors de sa réflexion, il s'éloigna rapidement du lit et entreprit de trouver la sortie de ce lieu sordide. Il avançait à taton. Sur son chemin des cris de plaisirs mêlés à des gémissements de douleurs l'assaillaient. Il trébucha à plusieurs reprises, entrevue des scènes malsaines entre un individu et deux femmes occupées à se partager l'anatomie du client d'une manière des plus vulgaires. Il aperçut à travers la fumée un vieil homme étrangler une prostituée  dont les traits laissaient deviner, son jeune âge, trop jeune âge.
Sortir de cet endroit, Robb le devait et immédiatement. Les odeurs et sons qui régnaient dans la pièce lui donnèrent envie de vomir. Il rencontra un mur en renversant un structure métallique qui servait à fumer une quelconque drogue hallucinogène. Il longea le mur de ses mains. Ses doigts frôlèrent une arête, sorte d'interstice. Une porte, il s'agissait bien d'un sortie. il finit par trouver la poignée, l'actionna et bascula par l'ouverture qui venait d'apparaître dans le mur.

Robb s'effondra sur un parquet froid. la douleur que provoqua la chut fut alors insoutenable. Il leva néanmois la tête. Son entrée dans ce qui ressemblait à un corridor avait soulevé des cris de stupéfaction parmi la foule qui s'y entassaient. Le visage des hommes présents s'éclairèrent lorsqu'il l'aperçurent. L'un d'eux poussa violemment la prostituée occupée à lui faire une fellation et cria :

- Une place s'est libéré ! C'est mon tour !

Enjambant d'abord Robb qui gisait sur le pas de la porte, il se retourna avant d'entrer dans la pièce enfumée et le saisit par l'épaule.

- Hé ! Tu as choisis laquelle ? Etant donnée ton état tu dois aimer te faire dominer ! Ahah ! Je vais la faire hurler cette trainée, jusqu'à ce qu'elle en perde la voix. Elle ne se souviendra même pas de toi et de ton ridicule pénis ! Ahah ! Alors dis moi : laquelle tu as baisé comme un eunuque ? Ahah ! Je vais la violenter ! Je vais lui faire crier mon nom ! Ahah !

L'homme avait les yeux vitreux et une haleine atrocement nauséabonde. Robb, groguît par sa chute, n'avait pas compris ce que lui avait crié l'homme. La douleur dans ses tempes lui faisait tourner la tête, bloquant partiellement son ouïe et le bon fonctionnement de son cerveau. Il devait néanmoins partir, sortir de ce bordel puant et sordide. Il saisit l'homme penché au dessus de lui par la gorge et, en réunissant toutes les forces de son corps le poussa violemment.

- Lâches moi, espèce de malade !

Robb avait hurlé. Il se releva d'un bond, étouffant un cri de douleur et s'engouffra dans le couloir devant lui, poussant et cognant les prostituées, les coupants dans leur occupation malsaine. Une porte de sécurité. Il voulut la rejoindre. chancelant, percutant les individus sur son chemin, soulevant des cris d'indignations parmi les personnes agglutinées dans la coursive. Il y était presque. La porte était proche, terriblement proche. L'odeur de sexe et de crasse s'estompait peu à peu. Il se jeta de tout son poids sur le seul obstacle qui le séparait de l'air libre. Dans un fracas de tous les diables, la porte claqua bruyamment et Robb alla s'écraser sur le mur en face, dans une petite rue. Réajustant le sac noir qu'il portait en bandoulière, il ne prit pas le temps de regarder derrière lui et s'engagea dans la ruelle en boitant. La moindre parcelle de son corps le faisait souffrir. Il n'arrivait plus à respirer. Il prit appuie contre un conteneur à ordure et vomit la risible quantité d'aliments digérés que contenait son estomac. Le monde se mit à tourner, il perdit l'équilibre et s'effondra dans les sacs poubelles à ses pieds. Il perdit connaissance, une nouvelle fois. Il se mit à pleuvoir. Au loin, une sirène retentit, l'aboiement d'un chien se fit entendre, un crissement de roues d'une voiture puis, plus rien.

 

 

 

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    Il fait sombre, terriblement sombre. Un atmosphère opressante régne dans la succesion de pièces silencieuses. Pas un bruit, pas un son, pas même les ombres des cheminés contre le mur ne chuchotent. Le emps semble s'être arrêté, la scène figé. Un chat gris ronronne sourdement sur le fauteuil du salon et rien ne permet de le discerner. Il ne fait pas vraiment froid, juste un peu frais. Le silence, encore. Un bruit de moteur étouffé par le double vitrage des fenêtre se fait entendre, seul signe de vie semblant provenir d'une longue décennie. le véhicule est déjà partit. Le calme placide, placide se réinstalle confortablement. Le fond de l'appartement, sans fenêtre, affiche une noiceure profonde, insondable, presque effrayante. On aurait pu se croire sourd dans un tel endroit. L'escalier qui montet à l'étage se termine en son sommet en un épaisse obscurité qui semble abriter monstres et créatures des comtes de notre enfance. Dans la cuisine sobre un petite étoile argentée accrochée au lustre tourne lentement sur elle même, dans le silence le plus total. Enfin, dans le salon, un meuble haut aux portes vitrées laisse entrevoir livres et bibelots entassés sur des étagères faisant le ventre, et puis, au centre de la longue table qui prône au milieu de la pièce, repose un livre, énorme, poussièreux mais pas trop ancien. il semble avoir été laissé ainsi, telle une offrande votive dont la seule présence suffit à expliquer la sacralité du lieu. En fait, ce livre n'a absolument rien de sacré. En s'approchant de plus prêt on peut remarquer que la couverture comporte...
Le cliquetis d'une serrure se fit soudain entendre. Deux tours de clés, peut être trois et la porte s'ouvrit lentement. Robb se laissa glisser dans l'ouverture, referma silencieusement la porte s'y adossa. Il resta de longues minutes ainsi, dans l'obscurité et le silence de l'appartement, puis ntrepit de gravir l'escalier devant lui sans faire le moindre bruit. Le couloir qui s'étendit alors devant lui, une fois qu'il eut terminé son ascension, résidait dans le noir le plus total. Cela ne le freina nullement, il connaissait l'endroit par coeur. lorsqu'il arriva à l'extrêmité une porte se trouvait devant lui. En posant sa main sur la poignée Robb sentit un picotement partir de sa nuque jusque dans le bout des doigts. Il ferma les yeux, les ouvrit, la sensation avait disparut. Il ouvrit la porte et l'odeur qui l'atteint réveilla en lui un sentiment de bien être intense, relaxant, un souvenir fugace, fantasmé, puis disparut. Sa vue se troubla, affaiblit par la concentration de son énergie dans l'odorat. Le lilas, c'était du lilas. Il ferma la porte derrière lui. Le monde était beau, grand, ennivrant.
                          Black Hollow and Dead Circles VII : Midnight Parallax and The Astral Boys
          Etincellant comme une étoile qui déchire la voute céleste un soir de Juin, la lame scintilla pour aller se ficher dans le bois tendre encore humide. L'homme frappa de nouveau avec le dos de la hâche et la bûche se fendit en deux sous la force de la pesanteur. Il essuya son front ruisselant de sueur et regarda devant lui en prenant une pause bien méritée après de longues heures passées à refendre du bois. Son regard se perdit dans ce spectacle qu'il avait l'habitude de contempler désormais. Face à lui une lisière dense et obscure de haut connifères siégeait tel un antique mur oublié. Tandis que sa basse besogne consistait à couper du bois chaque jour, au coeur de cette petite plaine, Il n'avait jamais pu s'empêcher de fantasmer sur sa fuite, sa découverte de ce qui existait au dela de cette immense palissade végétale. Il se retourna et constata qu'il était seul, comme toujours. Que risquait-il à s'approcher ne serait-ce qu'un peu ? Il parviendrait peut être à distinguer un activité quelconque sous les branchages. Il planta sa hache dans la grosse buche lui servant de support à sa tâche et se décida à prendre le risque. Les gens du village lui avait toujours interdit de franchir cette lisière. Elle symbolisait une limite au-delà de laquelle le monde et ce qu'il portait en son sein n'avait plus aucune importance. Enfant, on lui avait raconté que des monstres rôdaient dans cette antique forêt, comme à tous les autres bambins. Il était clair cependant qu'il s'agissait d'histoires à dormir debout, faites pour effrayer et interdire. Personne n'avait le droit de dépasser cette lisière, personne ne pouvait s'enfoncer dans les bois. Mais, après tout, il était le bûcheron du village et personne d'autre que lui ne s'aventurait aussi loin de chez lui, ou plutôt aussi prêt de l'interdit. Personne n'en saurait rien, il serait revenu d'ici la tombée de la nuit et cela resterai caché à jamais. Un pas après l'autre, il franchit les distance qui le séparait de la forêt. Arrivé sous les frondaisons, il contempla les sous bois. Ils étaient sombres mais ne semblaient abriter aucune créature sortit tous droits des comtes pour enfant. En lui s'éveilla alors un sentiment antithétique, quelque chose d'incontrôlable et de si dur à définir. Un mélange d'escitation de crainte insondée. Il se décida à pénétrer la forêt, à s'enfoncer dans l'inconnu et l'éternel. Il disparut et laissa derrière lui une plaine étrangement silencieuse. On ne le revit plus jamais.
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